Arnaud QUERTINMONT, Mari en Syrie. Renaissance d’une cité au 3e millénaire

Mari, cité florissante établie sur les rives de l’Euphrate, se dresse au cœur d’un vaste réseau d’échanges reliant la Mésopotamie, le Levant et l’Anatolie. Fondée comme une ville‑carrefour, elle contrôle les routes fluviales et terrestres qui structurent le Proche‑Orient ancien. Cette position stratégique fait de Mari un acteur politique majeur, capable de dialoguer, de rivaliser ou de s’allier avec les grandes puissances de son temps.
Au-delà de son rôle diplomatique, Mari se distingue comme un foyer artistique d’une grande originalité, où se développent des traditions iconographiques et architecturales qui marquent durablement l’histoire de la région. Elle est aussi un haut lieu administratif, dont les milliers de tablettes retrouvées dans les archives du palais constituent l’un des corpus les plus riches du IIIe et du début du IIe millénaire. Ces documents ont profondément renouvelé notre compréhension des premières sociétés urbaines, de leurs institutions, de leurs économies et de leurs pratiques religieuses.
Du Grand Palais royal, véritable cité dans la cité, aux temples dédiés aux grandes divinités du panthéon mésopotamien, des figures protectrices aux scènes rituelles, se déploie l’histoire d’une ville qui n’a cessé d’être détruite, reconstruite, sauvegardée puis, finalement, engloutie par le temps. Cette trajectoire, faite de ruptures et de renaissances, compose un récit de résilience qui nous ramène aux origines de la civilisation urbaine et à la capacité des sociétés anciennes à se réinventer face aux crises.
Arnaud QUERTINMONT est docteur en d’Histoire, Art et Archéologie de l’ULB et de l’Université de Lille, il est professeur à l’ Institut supérieur d’Histoire de l’Art et d’Archéologie, Bruxelles, depuis 2017.
Il est aussi conservateur des antiquités égyptiennes et proche-orientales au Musée royal de Mariemont et a été commissaire de nombreuses expositions tant à Mariemont qu’au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée à Marseille, à la bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg et même à Arlon où il a supervisé l’exposition Dieux d’Égypte au Palais, en 2023.
